C’est triste mais il faut bien l’admettre, mis à part quelques
exceptions int‚ressantes, la scène italienne fait un peu
figure de parent pauvre du m‚tal extrême avec des
formations plus caricaturales les unes de que les autres. A croire que
la scène transalpine n’a pas subi le même essor que celle
de l’hexagone où, plus vraisemblablement, que nous ne
connaissons pas suffisamment les bons groupes de l’underground rital.
BALATONIZER nous arrive directement du pays de la ® cosa nostra
¯ ou plus exactement de la Sicile. Dans un premier temps j’aurai
‚t‚ tent‚ de conjuguer le verbe fictif ®
bourriner ¯ à tous les temps pour mieux vous parlez de ce
premier album. Pensez donc, avec 32 titres exp‚di‚s en
l’espace de 25 minutes, BALATONIZER ne fait pas de la musique
d’ascenseur. On se croirait plut“t revenu à
l’‚poque des premiers NAPALM, SORE THROAT, et autres 7 MINUTES
OF NAUSEA (qui portait plut“t bien son nom mais dont les
pochettes remplissaient mal leur r“le de sac à vomi). Le
trio d’insulaires ne s’embarrasse que de peu de pr‚liminaires
pour nous (a)saillir sans m‚nagement de leur grind teint‚
de death et de crust. Quelques samples en italiens ici et là et
c’est parti pour la lobotomie par voies auditives. Avec une boŒte
à rythmes programm‚e sur le mode ® à fond la
caisse ¯, des guitares satur‚es à mort,
fa‡on grind de bûcherons, des grognements porcins et des
cris aboy‚s sans un semblant de coh‚rence, BALATONIZER a
tout du gang de poètes m‚lancoliques incompris. Pourtant,
au fil des ‚coutes, et pour ma plus grande consternation, le
joyeux chaos de ce grind qui ‚clabousse prend chaque fois
davantage de sens pour finalement laisser place à une impression
très positive (mais j’ai honte, hein !). En effet, les 32
d‚fouloirs rassembl‚s ici sont loin d’être aussi
lin‚aires qu’on serait tent‚ de le croire par une analyse
succincte. Le trio d’affreux dispose de quelques recettes savamment
distill‚es qui varient leurs morceaux et apportent même
des petites touches fort int‚ressantes comme sur les surprenants
riffs dissonants de ® Microscopic Brain ¯ ou encore
l’utilisation parcimonieuse de synth‚ g‚n‚ralement
contre-nature dans le grind de cet acabit. Certes, ‡a part un
peu dans tous les sens et on se retrouve vite un peu perdu au rythme
où s’enchaŒnent les 32 ogives d’ ® Occlused in
Ottusity ¯ mais on d‚tecte ‚galement un certain
savoir-faire dans l’art de composer une musique faussement
bord‚lique. L’autre aspect de BALATONIZER qui me s‚duit
r‚side dans le fait que le groupe ne se prend absolument pas au
s‚rieux. Ils n’h‚sitent pas à se tourner en
auto-d‚rision. Outre l’artwork repr‚sentant les zicos
submerg‚s par une horde de porcs, le livret abrite une mini-BD
loufoque mettant en scène le trio. Le guitariste/programmateur
est d’ailleurs dessinateur de comics lorsqu’il ne se livre pas à
ses activit‚s vacarmesques. Ce cd dispose ‚galement d’une
piste multim‚dia qui finira de vous convaincre du second
degr‚ de BALATONIZER par une vid‚o assez dr“le
où le groupe rivalise de grimaces au milieu d’un fatras
‚pileptique d’images monochromes. Une bonne petite galette qui
m‚rite largement l’int‚rêt des fans de grind… et je
sais qu’il y en a qui traŒnent dans le coin…
By Thierry
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